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Retour sur le webinaire

Un mois après la publication de la stratégie d’électrification « x2 » du Canada, celle-ci a été largement saluée comme un signal important de l’engagement du gouvernement fédéral envers l’électrification et la croissance de la demande en électricité. Mais comment passer de la vision à l’action? Lors d’un récent webinaire, notre président, Philippe Dunsky, s’est entretenu avec trois de nos conseillers exécutifs, Chris O’Riley, Mark Sidebottom et Josée Guibord, afin de discuter des politiques publiques, des investissements et des mécanismes de coordination nécessaires à la réussite de cette stratégie.

1. Le transport interprovincial d’électricité est passé du stade de l’aspiration à celui de la priorité

Malgré les défis qu’il comporte, le transport interprovincial d’électricité est depuis longtemps reconnu pour ses nombreux avantages. Pourtant, son développement demeure lent et inégal, freiné par divers facteurs, notamment la volonté politique, les défis réels liés à l’intégration des marchés et les questions de répartition des coûts. La stratégie fédérale indique toutefois un changement de cap : les interconnexions sont désormais reconnues comme une priorité essentielle pour l’économie et la sécurité énergétique du Canada.

Les panélistes se sont montrés optimistes quant à la capacité du gouvernement fédéral de jouer un rôle rassembleur important, en aidant les provinces à passer des discussions conceptuelles à des cadres concrets pour évaluer les avantages des projets, répartir les coûts et partager les risques.

L’équation économique du transport interrégional peut être complexe. Les infrastructures de transport doivent souvent être mises en place bien avant que la demande associée ne se concrétise pleinement. Des outils fédéraux comme les crédits d’impôt à l’investissement propre, le financement à faible coût, les contrats sur différence et d’autres mécanismes peuvent contribuer à améliorer l’équilibre économique des projets, à réduire l’incertitude et à renforcer la justification économique de ces investissements.

2. Les investisseurs ont besoin de visibilité et de certitude à long terme

Le Canada dispose d’un potentiel considérable en matière de ressources, mais les investisseurs doivent pouvoir compter sur une croissance soutenue de la demande en électricité propre et sur un cadre réglementaire suffisamment stable pour appuyer leurs décisions d’investissement.

Plusieurs panélistes ont souligné que les provinces devront présenter une vision à long terme plus claire pour l’expansion du réseau électrique. Des processus d’approvisionnement graduels, lancés à intervalles de plusieurs années, pourraient ne pas suffire à soutenir l’ampleur des investissements requis.

La stabilité des politiques publiques est essentielle. Les investisseurs, les promoteurs et les fabricants ont besoin d’une meilleure visibilité sur les futures occasions d’approvisionnement, les cadres réglementaires et les mesures de soutien fédérales. Bien que la stratégie contribue à établir une orientation claire, d’importantes questions demeurent quant aux modalités de mise en œuvre, notamment sur la façon dont les principaux incitatifs, comme les crédits d’impôt à l’investissement, s’appliqueront aux différentes technologies et catégories d’actifs.

3. L’abordabilité ne se limite pas aux tarifs d’électricité

Un thème récurrent de la discussion a été l’importance d’envisager l’abordabilité dans une perspective plus large, soit celle du « portefeuille énergétique » des ménages.

Si l’électrification exige d’importants investissements dans les infrastructures, elle permet également d’obtenir des gains d’efficacité considérables. Les véhicules électriques et les thermopompes peuvent réduire les coûts énergétiques globaux des ménages, même si leur consommation d’électricité augmente.

Cela dit, les panélistes ont souligné que les coûts de la transition ne peuvent pas être assumés uniquement par les clients des services d’électricité. Comme l’électrification génère des retombées économiques, environnementales et sociales plus larges, les gouvernements devront vraisemblablement continuer de jouer un rôle actif, notamment par l’entremise d’outils comme le financement à faible coût, les incitatifs fiscaux, les garanties de prêt et les investissements publics stratégiques.

La question de la répartition des coûts est complexe et continuera de jouer un rôle déterminant dans le déploiement des infrastructures propres.

4. Accroître l’offre ne suffira pas

La stratégie met fortement l’accent sur la production et le transport d’électricité, mais les panélistes ont souligné que les solutions axées sur la demande doivent également jouer un rôle central.

La flexibilité de la demande, la rénovation écoénergétique des bâtiments, les thermopompes, l’intégration véhicule-réseau et la conception optimisée en puissance peuvent contribuer à réduire les coûts du réseau et à reporter certains investissements dans les infrastructures. La stratégie prévoit d’importants investissements dans la rénovation écoénergétique, mais fournit peu de précisions sur d’autres solutions du côté de la demande. Ces solutions figurent pourtant souvent parmi les moyens les plus rentables de soutenir l’électrification, et les panélistes ont convenu que la stratégie offre au gouvernement fédéral une occasion importante d’en favoriser l’adoption. Cet appui pourrait notamment prendre la forme d’un soutien aux provinces dans la mise en place de programmes et d’incitatifs axés sur la demande, ainsi que d’un leadership fédéral dans la mise à jour des cadres, codes et normes régissant l’utilisation de technologies efficaces.

Pour la suite

Le webinaire a rappelé que le défi de l’électrification au Canada soulève d’importants enjeux de coordination, de financement et de mise en œuvre auxquels il faudra répondre.

Alors que les consultations sur la stratégie se poursuivent, nous porterons une attention particulière aux détails essentiels qui permettront de déterminer si le Canada est en mesure de concrétiser ses ambitions en matière d’électrification.


Conférencier(ère)s

Philippe Dunsky

Ancien président du Conseil consultatif canadien de l’électricité; Fondateur et président, Dunsky

Depuis plus de 30 ans, monsieur Dunsky poursuit sa passion : aider ses clients à accélérer et naviguer la transition énergétique à grande échelle, de manière efficace et responsable. Il a l’honneur de diriger une équipe de 60 professionnel.le.s de première qualité, et le privilège d’œuvrer avec des clients parmi les leaders climatiques en Amérique du Nord.

Agissant comme conseiller de confiance auprès de dirigeants et de décideurs, Philippe aide ses clients à tracer la voie vers un avenir sobre en carbone, sans perdre de vue les impératifs économiques. Son expérience couvre la gamme complète de solutions, et ce, autant du côté de la production d’énergie que de sa consommation (bâtiments, mobilité et industrie). Il bénéficie notamment de trois décennies d’expérience à concevoir les programmes et politiques énergétiques, à diriger les études technico-économiques et à définir autant les stratégies commerciales que les cadres réglementaires. Il est régulièrement appelé comme témoin-expert devant les régulateurs.

Chris O’Riley

Ancien PDG, BC Hydro; conseiller exécutif, Dunsky

Chris a récemment pris sa retraite après avoir occupé les fonctions de président et directeur général de BC Hydro. Au cours de ses 35 années de carrière au sein de ce grand distributeur d’énergie, il a exercé diverses responsabilités de haute direction dans un contexte de croissance soutenue, notamment en matière de gestion des opérations, de sécurité, de projets d’immobilisation et de relations avec les peuples autochtones.

Il possède une vaste expérience en planification intégrée des ressources, en gestion des contrats d’approvisionnement en énergies renouvelables, en commerce interrégional, ainsi qu’en gouvernance et en gestion des risques. Il a également siégé à de nombreux conseils d’administration, notamment à titre de président de Powertech Labs (innovation), directeur de Powerex Corp. (commerce) et de conseiller auprès du conseil d’administration de Yukon Energy Corp.

Josée Guibord

Josée est conseillère exécutive et directrice de conseil d’administration. Plus récemment, elle a occupé le poste de cheffe de la direction d’Evolugen, la filiale canadienne d’Énergie Brookfield. À ce titre, elle a supervisé et fait progresser le développement d’actifs d’énergie renouvelable à travers le Canada, notamment dans les secteurs de l’hydroélectricité, de l’éolien, du solaire et du stockage d’énergie par batterie.

Au cours de ses 13 années chez Brookfield, Josée a occupé plusieurs postes de direction. Elle a notamment été vice-présidente principale et avocate générale pour les activités nord-américaines, ainsi que vice-présidente au sein de l’équipe juridique corporative. Dans le cadre de ces fonctions, elle a contribué à de nombreuses transactions de fusion et acquisition ainsi qu’à des initiatives de croissance, tout en assurant la gestion des enjeux de gouvernance et de divulgation pour l’entité cotée en bourse.

Mark Sidebottom

Ancien directeur de l’énergie propre, Nova Scotia Power; conseiller exécutif, Dunsky

Mark a récemment pris sa retraite après plus de 35 ans de carrière chez Nova Scotia Power (NSP) et de sa société mère, Emera.

Il a notamment assumé les fonctions de chef de l’énergie renouvelable chez NSP, rôle dans lequel il a piloté la transition hors du charbon et contribué à la poursuite de l’objectif de la Nouvelle-Écosse de produire 80 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030.

Mark a occupé plusieurs rôles de leadership au sein d’organisations sectorielles et de conseils d’administration, dont ceux de président du Conseil de la production d’Électricité Canada et de président du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Halifax.

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